Très jeunes, les enfants peuvent être éduqués. Donner la vie n’est que le tout premier pas sur le long chemin de la construction d’un être humain. Erasme nous dit que « dès sa naissance, l’enfant peut être formé aux qualités propres à l’homme ».
L’école apprend à lire, écrire, compter. L’enseignement donne toutes les connaissances nécessaires à l’acquisition d’un métier et pour devenir un bon citoyen.
Le rôle des parents est tout autre. Il s’agit d’apprendre à vivre à sa progéniture. Montaigne constate « qu’on nous apprend à vivre quand la vie est passée ». Et Erasme ajoute « la leçon coûte cher à celui qui, en se trompant, apprend à ne pas se tromper ».
La première éducation des enfants consiste à leur apprendre leur propre valeur, leur grande richesse, à leur dire qu’ils possèdent en eux de gigantesques ressources de dignité, de courage, de patience et de sagesse, une aptitude profonde au bonheur. Il n’est pas plus grand trésor pour un enfant que l’affection sincère, désintéressée de ses parents. L’amour, l’estime de ses géniteurs nourrissent l’estime de soi de l’enfant.
Il faut donner confiance à l’enfant en son jugement, l’aider à forger sa propre morale, ses propres valeurs pour, en toutes circonstances, le rendre apte à décider seul. Très tôt, les parents peuvent donner l’exemple de la tolérance, de la générosité, du courage afin que l’enfant s’imprègne de ces valeurs et qu’elles se transforment en nature dans la profondeur de son être.
Le plus grand don que des parents puissent faire à un enfant c’est de lui apprendre à se conduire en humaniste.
