
Le travail, un mal nécessaire?
Aucune société ne peut être totalement oisive.
Dans les sociétés primitives, chasse, cueillette, construction d’abris, confections de vêtements sont indispensables à la survie du groupe. Le travail des plus vigoureux et des plus compétents assure l’existence des êtres contraints à l’oisiveté.
Dans nos sociétés modernes, la division du travail masque cette absolue nécessité. Et pourtant, le travail reste un devoir profitable au bien commun. Là où le bat blesse, c’est lorsqu’une classe dominante accapare les richesses produites. Seule une partie de la société s’enrichit, vit dans de meilleures conditions tandis que l’immense majorité ploie sous le joug des contraintes. La solidarité envers les plus faibles n’est plus assurée. C’est pourquoi, il est vital que des contre-pouvoirs veillent au maintien du bien commun, à une juste répartition des fruits du labeur.
Le travail est une activité qui assujettit l’homme à l’ordre de la nécessité. Cet assujettissement doit s’exécuter dans les meilleures conditions possibles. Là aussi, il est primordial que des organismes veillent à l’élimination de toute forme d’esclavage, luttent contre le travail des enfants. Dans tous les pays, l’état doit avoir pour volonté d’offrir des conditions décentes de travail, ne mettant pas en danger la santé des travailleurs.
Le travail est un devoir, mais il est aussi un droit. Il est indispensable à l’obtention de l’indépendance économique. C’est pourquoi les sociétés modernes ont la responsabilité d’œuvrer pour garantir ce droit au travail et veiller particulièrement à dispenser une éducation adéquate, renouvelable tout au long de l’existence de chacun. Le progrès technique, le renouvellement des méthodes de production ne doivent plus laisser au bord du chemin des travailleurs atteints d’obsolescence. Les entreprises ont le devoir d’anticiper les bouleversements technologiques et d’aider les personnes actives à les appréhender, à les comprendre et à les vivre sans angoisse.
Les entreprises doivent avoir à cœur d’offrir des contrats de travail équitables, garantissant une volonté commune de progresser ensemble.
L’indépendance économique, acquise grâce au travail, implique pour chacun un renoncement consenti à une partie de ses libertés intellectuelle et physique. Pour que cela soit acceptable et non vécu comme un dilemme insoutenable, chacun devrait pouvoir adapter son temps de travail pour réaliser ce qui lui semble essentiel. A chaque âge de la vie, il devrait être possible de moduler son activité en fonction de ses priorités du moment. Ai je envie de gagner plus d’argent ou bien ai je besoin de plus de temps libre ? Ai je envie de consacrer plus de temps à mes enfants ? Ai je envie de progresser professionnellement ? Qu’est ce qui me passionne le plus en ce moment : mon travail ou mes activités extra professionnelles ?
Bien sûr, cette liberté de choix ne peut s’exercer que si des contrats de travail équitables existent et que des salaires décents sont versés à chacun.
Le travail est un mal nécessaire. En soi, le travail n’est ni juste, ni injuste. C’est la société dans laquelle il s’inscrit qui fait qu’il est ou n’est pas source de justice sociale et condition d’épanouissement personnel dans ou hors des entreprises.
Mots-clefs : classe dominante, indépendance économique, justice sociale, solidarité, Travail