Education et humanisme

novembre 21, 2009 par vmauneau

Education et humanisme

Très jeunes, les enfants peuvent être éduqués. Donner la vie n’est que le tout premier pas sur le long chemin de la construction d’un être humain. Erasme nous dit que « dès sa naissance, l’enfant peut être formé aux qualités propres à l’homme ».

L’école apprend à lire, écrire, compter. L’enseignement donne toutes les connaissances nécessaires à l’acquisition d’un métier et pour devenir un bon citoyen.

Le rôle des parents est tout autre. Il s’agit d’apprendre à vivre à sa progéniture. Montaigne constate « qu’on nous apprend à vivre quand la vie est passée ». Et Erasme ajoute « la leçon coûte cher à celui qui, en se trompant, apprend à ne pas se tromper ».

La première éducation des enfants consiste à leur apprendre leur propre valeur, leur grande richesse, à leur dire qu’ils possèdent en eux de gigantesques ressources de dignité, de courage, de patience et  de sagesse, une aptitude profonde au bonheur. Il n’est pas plus grand trésor pour un enfant que l’affection sincère, désintéressée de ses parents. L’amour, l’estime de ses géniteurs nourrissent l’estime de soi de l’enfant.

Il faut donner confiance à l’enfant en son jugement, l’aider à forger sa propre morale, ses propres valeurs pour, en toutes circonstances, le rendre apte à décider seul. Très tôt, les parents peuvent donner l’exemple de la tolérance, de la générosité, du courage afin que l’enfant s’imprègne de ces valeurs et qu’elles se transforment en nature dans la profondeur de son être.

Le plus grand don que des parents puissent faire à un enfant c’est de lui apprendre à se conduire en humaniste.

Travail fardeau

novembre 17, 2009 par vmauneau

Dans les grandes entreprises, les salariés ont de plus en plus le sentiment de travailler sur un vaisseau fantôme dérivant dans le brouillard.

Les contraintes de mobilité imposées aux cadres et hauts dirigeants impliquent un turn-over frénétique. Plus besoin de se demander si le nouveau responsable sera à la hauteur de sa tâche, de s’interroger sur ses ambitions, orientations pour l’entreprise. Dans trois ans maximum, il sera parti et une nouvelle organisation, de nouveaux objectifs seront promulgués par son successeur. Les réformes se succèdent, s’enchaînent inachevées sous le regard blasé des salariés.

L’extrême centralisation des décideurs à Paris et la réduction drastique des déplacements entraîne une méconnaissance de la hiérarchie. Les responsables ne communiquent plus que par vidéo et email leurs stratégies volatiles. Plus de présentation de vive voix du bilan de l’année précédente et des objectifs de l’année à venir, plus de visites des équipes provinciales, plus de mains serrées, plus de confidences échangées autour d’un verre. Et plus de leader charismatique !

Les salariés n’adhèrent plus à des objectifs issus des dictats des marchés financiers. On ne produit plus pour satisfaire des besoins mais pour générer de l’argent. Le marketing crée sans cesse des besoins artificiels  sans souci des équilibres écologiques, du superflu alors que des millions d’êtres humains ne disposent pas de l’essentiel. De plus en plus, le salarié est écartelé entre l’insatiabilité de son entreprise et le discours véhiculé par les médias qui incite à un renouveau des consciences pour l’atteinte d’un nouveau équilibre mondial plus juste, plus respectueux des hommes et de l’environnement. Les aspirations personnelles des salariés à ce monde meilleur se heurtent aux objectifs de performance des entreprises.

Les choix budgétaires sont vécus comme antinomiques avec la production d’un travail de qualité. Combien d’études, de projets pour lesquels les salariés ont travaillé avec ardeur sont gelés, enterrés à cause des réductions des investissements. Combien de projets avec des délais tellement courts que la qualité ne peut être assurée, rendant le salarié amer, mécontent de son travail bâclé.

L’indexation individuelle  des salaires sur l’atteinte des objectifs assignés  a déshumanisé le travail. Dans ce contexte, pas d’objectif sur la convivialité, « l’huile dans les rouages », l’entraide, la solidarité au sein de l’équipe. Il faut être le meilleur, le plus productif pour espérer obtenir une augmentation de salaire.  La rationalisation à outrance du temps de travail a conduit à l’enfermement stérile du salarié dans son bureau cellule et à la perte de productivité par manque de collaboration, querelles intestines dues aux rivalités jalouses. Plus de réflexion sur comment produire mieux, on travaille comme on actionnerait  sans cesse le manche d’une machine à sous, la passion en moins, pour que l’argent tombe à la fin du mois.

Travail fardeau

Hâte toi lentement

novembre 17, 2009 par vmauneau

Hate toi lentement

Se hâter ? Pourquoi se hâter ? Faut-il toujours être en mouvement ? Faut-il toujours avancer, reculer, se porter à droite, à gauche ? Quid de l’immobilité ? Pourquoi ne pas s’asseoir dans la position du lotus et demeurer immobile comme une pierre, concentré sur ses pensées ?

Qu’apporte le mouvement ? Qu’apporte l’immobilité ?

Dès que son petit corps s’est fortifié, le bébé file à quatre pattes explorer le vaste univers. Puis, il se dresse sur ses pieds, l’œil fier, éclats de rire au vent. D’abord à petits pas, puis au galop, infatigable, il visite chaque recoin de sa maison, de son jardin.

Adolescent, il s’éloigne du domicile parental pour vivre en symbiose avec ses congénères. Jeune adulte, il s’aventure dans quelques pays lointains, le souffle coupé par la beauté des paysages grandioses, la démesure des villes tentaculaires, la beauté des hommes de couleur.

Devenu âgé, le vieillard s’achemine lentement vers sa dernière demeure.

La vie et la mort enlacées tourbillonnent dans une valse perpétuelle.

Durant ce long cheminement, de temps à autre,  le bébé s’arrête soudain, comme un ours dressé sur ses pattes, l’œil aux aguets, les narines écartées. Instants fugitifs d’hésitation.

La sagesse venant, l’homme s’assoit, réfléchit, pense. Il mûrit ses décisions, dirige ses pensées vers le passé, l’avenir et décide où porter ses pas. Le temps de la réflexion est venu, l’homme se hâte lentement.

Développement économique

mai 11, 2009 par vmauneau

Quelle doit être la finalité du développement économique ? L’humanité.

Le développement économique devrait permettre à l’ensemble des humains de vivre dans la dignité. Son but premier devrait être avant tout de produire les biens et services indispensables aux besoins vitaux : nourriture, logement, éducation, services de santé.

Je rêve d’un organisme mondial capable d’abolir les guerres économiques entre les états et de mettre en œuvre une politique de justice sociale à l’échelle de la planète. Comme l’écrit Amartya Sen, « l’impact de la croissance économique, dépend, pour l’essentiel, de l’usage des fruits de cette croissance ». Plus de sans terre, plus de sans logis, plus d’affamés, plus de sans droits, dans le moindre recoin de la terre.

Développement économique

Développement économique

Education

avril 10, 2009 par vmauneau
Education

Education

Comment aider son enfant à devenir adulte ? Que lui apprendre pour qu’il vive heureux ? Le maître mot semble être l’harmonie. Comment enseigner l’harmonie ?

On pense avec son corps et son esprit. Pour qu’une vie harmonieuse se développe, il faut donc une symbiose corps, esprit : un corps souple, équilibré, un esprit délié, apte à la réflexion. Pour cela, point n’est besoin d’un ascétisme rigoureux, mais d’un équilibre dans la pratique des exercices physiques et intellectuels.

Apprendre à un enfant à aimer l’effort physique, pas seulement pour être performant pendant les compétitions, mais comme une source de bien être lui donnera envie de pratiquer sa vie entière.

S’adonner à différentes disciplines sportives renouvelle le plaisir. Assimiler différentes techniques mobilise autant l’esprit que le corps. La pratique du sport en milieu naturel développe le sentiment d’appartenance à la nature. Courir en forêt, respirer les odeurs d’humus, écouter le chant des oiseaux et le bruissement des feuilles caressées par le vent libère l’esprit. Nager en plein air et sentir la fraîcheur de l’eau, la chaleur du soleil stimule les sens. Glisser sur les vagues de l’océan, jaillir dans l’écume, plonger sous les vagues réveille nos instincts.

La pratique du sport aide à respecter une hygiène de vie propice à l’équilibre. Le sentiment de plénitude physique favorise l’épanouissement de l’esprit.

Donner le goût de la réflexion à un enfant est beaucoup plus important qu’exiger de lui d’excellents  résultats scolaires. Le rendre curieux, ouvrir son esprit à l’intelligence de phénomènes variés, à différentes pensées, éveiller en lui le sentiment du vaste monde lui donnera envie de s’abreuver à la source du savoir toute son existence. Le savoir n’est pas définitif et peut toujours être révisé.

Confucius a dit « Explique moi et j’oublie. Montre moi, et je me souviens. Laisse moi faire et je comprends ». L’expérimentation par l’enfant des notions enseignées développe la compréhension et les grave dans la mémoire. La concrétisation du savoir décuple l’intelligence.

Pour que l’enfant se développe harmonieusement, il doit apprendre à vivre avec ses semblables.  La meilleure façon de lui enseigner la tolérance, l’écoute, l’acceptation des différences, le partage et le respect d’autrui reste l’exemple de notre conduite envers lui.

Immortalité

avril 10, 2009 par vmauneau

Immortalité

Immortalité

L’envie de procréer est-elle inhérente à l’instinct de mort ? Si les hommes parvenaient à vaincre la mort,   à réparer le corps humain à chaque fois qu’une grave défaillance l’affaiblissait, garderions  nous  l’envie de transmettre la vie intacte ?

Aurions nous envie de créer d’autres immortels ? Ne serions nous pas envahi par la crainte de l’explosion démographique que l’immortalité engendrerait ? Si nous ne parvenions pas à coloniser d’autres planètes, ne serions nous pas contraints de condamner à mort certaines populations en les privant par exemple de tous soins médicaux pour que d’autres puissent procréer ? L’immortalité serait le privilège des nations riches et puissantes, jusqu’à ce qu’il ne reste plus sur la planète que de telles nations…

L’immortalité apporterait de profonds bouleversements dans nos modes de vie.

Combien de temps les enfants devraient ils passer à l’école ? Aujourd’hui, une scolarité comprenant des études universitaires représente un quart de notre existence, soit une vingtaine d’années. Face à l’éternité et aux multiples bouleversements de tous genres auxquels les immortels ne manqueraient pas d’être confrontés, combien de temps faudrait-il octroyer au savoir ?

Que deviendrait la vie active ? Les hommes ne pourraient qu’alterner vie active, retraite indéfiniment. En effet, qui pourrait subvenir aux besoins d’éternels retraités ?

Que deviendrait la vie de couple ? Il est facile à un mortel de promettre l’amour éternel. Mais deux immortels auront-ils envie de passer une éternité ensemble ?

Que deviendrait la notion de famille ? Pourrait elle garder un sens face à la multiplication des générations que l’immortel aurait à côtoyer ?

Naissance et liberté

avril 10, 2009 par vmauneau
Naissance et liberté

Naissance et liberté

L’homme ne naît pas libre, il naît dépendant. Sa survie est subordonnée aux soins prodigués par ses parents. Et ses conditions de vie future, sa réussite dépendent largement de la condition sociale de ses géniteurs. Le choix de son métier, de son conjoint, de son mode de vie sera grandement déterminé par ses origines sociales.

De plus, tous les hommes ne naissent pas avec les mêmes facultés intellectuelles. Certains disposeront d’une grande vivacité d’esprit, de facultés de mémorisation, de dons sportifs leur permettant d’exceller dans leurs domaines de prédilection. D’autres naîtront handicapés. D’autres encore devront batailler longuement pour dépasser leurs limites et parvenir à exercer le métier de leur choix et réaliser leurs ambitions.

Une société de liberté doit avoir pour ambition d’équilibrer les chances de chacun afin que chaque individu puisse développer son autonomie intérieure, exercer son libre arbitre et laisser parler sa conscience.

Futur

avril 10, 2009 par vmauneau
Futur

Futur

Que sera le vingt et unième siècle ?

Nous connaissons les questions essentielles auxquelles nous devrons répondre pour anticiper et préparer au mieux notre devenir. Les hommes sauront-ils s’unir pour organiser la réflexion, travailler ensemble, explorer la diversité des points de vue, bâtir un projet ?

Les états se révèlent impuissants à résoudre les items croissants qui concernent la globalité de la planète. Comment un état seul pourrait-il empêcher la prolifération des armes nucléaires, le terrorisme, le réchauffement climatique… ? Quelle volonté politique pourrait fédérer les pays pour que leurs meilleurs experts collaborent à une réflexion prospective ?

L’UNESCO, au lendemain de la seconde guerre mondiale, a été investi d’une mission de forum intellectuel à vocation préventive. Comment aller plus loin ? Quel organisme supranational pourrait définir et faire appliquer une gouvernance planétaire ?

Dieu n’existe pas

avril 10, 2009 par vmauneau

Je ne suis pas agnostique. Je suis profondément athée. Je ne crois en aucun Dieu, ni en un Dieu de la Terre, ni en un Dieu de notre galaxie, ni en un Dieu intergalactique.

Si un Dieu responsable de la création des êtres humains existait, pourquoi les aurait-ils créé aussi imparfaits ? Aurions nous affaire à un Dieu maladroit ? Ne serions nous que les Frankenteins de notre créateur ? Admettons que Dieu n’ait pu faire mieux, comment comprendre son indifférence face à son engeance ?  Si Dieu  existait, il conseillerait l’humanité, il lui parlerait, il la guiderait. Il épaulerait les êtres humains pour qu’ils deviennent chaque jour meilleurs.

Si Dieu existait, il ne permettrait pas que des enfants meurent de faim, soit violés, maltraités, réduits en esclavage, contraints à faire la guerre. Aucune faute ne mérite qu’un enfant souffre ou meure pour l’expier. La pensée d’un Dieu injuste me révolte.

Devant la misère humaine, Mère Térésa a douté de l’existence de Dieu. Moi, je ne doute pas, je nie l’existence de ce Dieu impuissant.

Dieu n'existe pas

Dieu n'existe pas

Sagesse

avril 10, 2009 par vmauneau
Sagesse

Sagesse

Diogène Laërce, dans son livre « Vie, doctrines et sentences des philosophes illustres » a exposé les pensées de onze sages, fondateurs de la philosophie. Quelles pensées ais je envie de faire miennes, d’appliquer à ma vie et de transmettre à mon fils ?

De Thalès, je retiens « Connais toi toi-même ». Thalès nous invite à avoir conscience de son exacte mesure, à ne pas se prendre pour un dieu. Je pense que cette connaissance de nos propres limites dans quelque domaine que ce soit, affectif, physique, intellectuel est fondamentale pour nous aider à choisir notre vie.

Excès ou manque de confiance peuvent nous induire en erreur et nous conduire soit à sous-estimer, soit à sur estimer nos capacités. S’estimer à sa juste valeur est donc essentiel. Seule cette connaissance peut nous permettre de définir des axes de progrès réalistes si on souhaite s’améliorer dans un domaine donné.

Chilon nous invite à éviter que la langue ne devance la pensée, à tenir notre langue, à ne pas médire du prochain et à ne pas se moquer d’un malheureux. Si on est conscient de ses propres limites, ces préceptes deviennent faciles à appliquer. N’étant pas un surhomme, je ne peux exiger que les autres soient des dieux. Ils existent avec leurs  forces et leurs faiblesses. Railler, mépriser nos incapacités mutuelles n’aident pas à construire ensemble. Seule la solidarité, la volonté d’outrepasser nos insuffisances peut transcender nos limites.

Chilon nous dit encore d’aimer la paix. Faibles individuellement, nous ne pouvons être puissants que dans l’union.

Pittacos nous invite à bien faire ce que l’on fait, et à saisir l’occasion. S’il est bon de se projeter dans l’avenir, savoir vivre intensément le moment présent, et en saisir toutes les opportunités est primordial. Se réaliser pleinement chaque jour génère équilibre, bonheur et plaisirs. C’est pourquoi il faut organiser et maîtriser sa vie.

Bias nous recommande : « Dès la jeunesse, prenez pour viatique jusqu’à votre vieillesse la sagesse, car c’est le plus sûr de tous les biens ». Il est difficile d’être sage quand on est jeune, l’impétuosité nuit à la réflexion. Cependant, si on s’efforce de réfléchir, d’analyser les évènements vécus, le comportement des êtres qui nous entourent, il est possible peu à peu de se forger une conduite de vie guidée par l’expérience, le réalisme,  la tolérance.

Cléobule nous enseigne que « la mesure est la meilleure des choses ». Il nous dit encore de maîtriser nos passions, d’éviter la violence, de bien élever nos enfants et si l’on a de la chance de ne pas en devenir orgueilleux et dans le cas contraire, de ne pas se laisser abattre, apprendre à supporter courageusement les changements de fortune.

Nous ne pouvons construire des rapports humains de qualité que si la tolérance, la diplomatie,  la politique de la main tendue sont nos guides. Cela ne signifie pas tout accepter et subir. Gandhi a mené une politique de non-violence tout en défendant très fermement ses convictions. Eviter de condamner des personnes mais condamner des faits laisse une porte ouverte au dialogue. Appliquer ces principes à nos enfants ne peut que les aider à grandir sur le chemin de la sagesse.

Rester humble en toutes circonstances n’est que bon sens. En quoi suis-je responsable de ma naissance dans une famille riche ou pauvre, aimante ou mal traitante ? En quoi suis-je responsable de vivre dans un pays en paix ou en guerre ?

Pour vivre sagement, faut-il vivre comme un moine ? Je ne le crois pas. La véritable sagesse consiste à vivre en harmonie au sein de la société des hommes, en partageant leurs passions. Aristippe de Cyrène nous dit « s’il est beau de vaincre ses passions et de ne pas se laisser dominer par elles, il n’est pas bon de les éteindre tout à fait ». Peut-on dire qu’un légume ou une pierre sont sages ?

Enfin, Euclide dit que « le bonheur parfait n’existe pas ». C’est quand on a cessé cette impossible quête du Graal que la sagesse vient.