
Sagesse
Diogène Laërce, dans son livre « Vie, doctrines et sentences des philosophes illustres » a exposé les pensées de onze sages, fondateurs de la philosophie. Quelles pensées ais je envie de faire miennes, d’appliquer à ma vie et de transmettre à mon fils ?
De Thalès, je retiens « Connais toi toi-même ». Thalès nous invite à avoir conscience de son exacte mesure, à ne pas se prendre pour un dieu. Je pense que cette connaissance de nos propres limites dans quelque domaine que ce soit, affectif, physique, intellectuel est fondamentale pour nous aider à choisir notre vie.
Excès ou manque de confiance peuvent nous induire en erreur et nous conduire soit à sous-estimer, soit à sur estimer nos capacités. S’estimer à sa juste valeur est donc essentiel. Seule cette connaissance peut nous permettre de définir des axes de progrès réalistes si on souhaite s’améliorer dans un domaine donné.
Chilon nous invite à éviter que la langue ne devance la pensée, à tenir notre langue, à ne pas médire du prochain et à ne pas se moquer d’un malheureux. Si on est conscient de ses propres limites, ces préceptes deviennent faciles à appliquer. N’étant pas un surhomme, je ne peux exiger que les autres soient des dieux. Ils existent avec leurs forces et leurs faiblesses. Railler, mépriser nos incapacités mutuelles n’aident pas à construire ensemble. Seule la solidarité, la volonté d’outrepasser nos insuffisances peut transcender nos limites.
Chilon nous dit encore d’aimer la paix. Faibles individuellement, nous ne pouvons être puissants que dans l’union.
Pittacos nous invite à bien faire ce que l’on fait, et à saisir l’occasion. S’il est bon de se projeter dans l’avenir, savoir vivre intensément le moment présent, et en saisir toutes les opportunités est primordial. Se réaliser pleinement chaque jour génère équilibre, bonheur et plaisirs. C’est pourquoi il faut organiser et maîtriser sa vie.
Bias nous recommande : « Dès la jeunesse, prenez pour viatique jusqu’à votre vieillesse la sagesse, car c’est le plus sûr de tous les biens ». Il est difficile d’être sage quand on est jeune, l’impétuosité nuit à la réflexion. Cependant, si on s’efforce de réfléchir, d’analyser les évènements vécus, le comportement des êtres qui nous entourent, il est possible peu à peu de se forger une conduite de vie guidée par l’expérience, le réalisme, la tolérance.
Cléobule nous enseigne que « la mesure est la meilleure des choses ». Il nous dit encore de maîtriser nos passions, d’éviter la violence, de bien élever nos enfants et si l’on a de la chance de ne pas en devenir orgueilleux et dans le cas contraire, de ne pas se laisser abattre, apprendre à supporter courageusement les changements de fortune.
Nous ne pouvons construire des rapports humains de qualité que si la tolérance, la diplomatie, la politique de la main tendue sont nos guides. Cela ne signifie pas tout accepter et subir. Gandhi a mené une politique de non-violence tout en défendant très fermement ses convictions. Eviter de condamner des personnes mais condamner des faits laisse une porte ouverte au dialogue. Appliquer ces principes à nos enfants ne peut que les aider à grandir sur le chemin de la sagesse.
Rester humble en toutes circonstances n’est que bon sens. En quoi suis-je responsable de ma naissance dans une famille riche ou pauvre, aimante ou mal traitante ? En quoi suis-je responsable de vivre dans un pays en paix ou en guerre ?
Pour vivre sagement, faut-il vivre comme un moine ? Je ne le crois pas. La véritable sagesse consiste à vivre en harmonie au sein de la société des hommes, en partageant leurs passions. Aristippe de Cyrène nous dit « s’il est beau de vaincre ses passions et de ne pas se laisser dominer par elles, il n’est pas bon de les éteindre tout à fait ». Peut-on dire qu’un légume ou une pierre sont sages ?
Enfin, Euclide dit que « le bonheur parfait n’existe pas ». C’est quand on a cessé cette impossible quête du Graal que la sagesse vient.